Union des Footballeurs du Congo
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BRAZZAVILLE : UN EXODE SANS REMÈDE POUR LES FOOTBALLEUSES DE LA RDC.

Les équipes du Congo Brazzaville préfèrent cette méthode de recrutement qui les met à l'abri des exigences imposées par le transfert international (Photo FCF Amani)‎

En RDC, les footballeuses sont laissées pour compte par les décideurs. Elles ne bénéficient pas d’une attention particulière de la part des dirigeants du football féminin du pays. Même les joueuses des équipes nationales (toutes tendances confondues) ne sont pas épargnées. Raison pour laquelle, la plupart des joueuses traversent l’autre rive du fleuve en vue de monnayer leur talent.

Les footballeuses de la RDC traversent chaque année à Brazzaville à la recherche d’une situation sociale meilleure. Elles partent souvent à l'insu des dirigeants de leurs clubs et de la Fédération congolaise de football association (FECOFA). Elles empruntent parfois des moyens de transport inappropriés pour une bonne traversée. Souvent c'est la nuit qui est choisie comme le moment favorable pour échapper au contrôle de la police de frontières maritimes de deux pays.

Certaines parmi elles sont dépourvues de documents permettant une traversée régulière." Nous sommes obligées de partir dans ces conditions, puisque nos dirigeants ne sont pas au courant de notre déplacement. C'est suite à la précarité qui règne dans le football féminin de notre pays que nous allons de l'autre côté du fleuve à la recherche d'un peu de moyen financier qui malheureusement ne recoud pas tous nos problèmes" a déclaré une joueuse contactée sur place dans la capitale de la République du Congo. Sur place à Brazzaville ou à Pointe Noire, elles ne sont pas logées dans les meilleures conditions. Elles sont même exposées au harcèlement sexuel par certains membres de leurs équipes.

Le football féminin  en difficulté en RDC

Les équipes du Congo Brazzaville préfèrent cette méthode de recrutement qui les met à l'abri des exigences imposées par le transfert international. " Réaliser un transfert international régulier nous impose beaucoup des dépenses financières, voilà pourquoi nous préférons la clandestinité qui est trop facile pour nous " déclare le dirigeant d'un club à Brazzaville" Cette situation catastrophique traduit la désorganisation qui caractérise le football féminin en République Démocratique du Congo.

Pourtant, la FIFA accorde chaque année son soutien financier à la fédération pour le développement du football féminin. Malheureusement personne n'accorde une attention particulière aux difficultés auxquelles sont confrontées ces filles. Les clubs de leur côté ne donnent pas de contrats et ne paient pas les joueuses. Sauf certains dont les dirigeants ont la bonne foi de mettre les moyens pour l'encadrement de ces athlètes.

Depuis un certain temps, la ville de Brazzaville est considérée comme un véritable eldorado pour les footballeuses de la RDC. ‘‘La République du Congo est considérée comme un véritable eldorado pour les footballeuses de la RDC. On préfère aller en République du Congo, puisque les dirigeants des clubs savent traiter les joueuses (Ndlr : sur le plan financier). ‘‘Il y a du sérieux par rapport à notre pays, on est vraiment considéré, on peut ne pas hésiter aux différentes offres qui se présentent devant nous’’, a déclaré Jennifer Masini. Eric Mouanda, président de Diables noirs dames : Les joueuses de la RDC ont une très bonne manière de jouer au football, et elles sont plus talentueuses que les Congolaises de Brazzaville.

C’est pourquoi nous recourons toujours à leur expertise. Personnellement, lorsqu’il s’agit du transfert d’une joueuse, je contacte au préalable les dirigeants de son club pour qu’elle soit transférée en bonne et due forme. Ce n’est pas le cas avec d’autres dirigeants de clubs. Ces derniers profitent du désordre qui prévaut entre deux fédérations pour enrôler une joueuse.

A en croire le secrétaire sportif du FCF Amani (un club de la ville de Kinshasa), cette situation est consécutive au problème de désorganisation administrative de notre système de gestion des athlètes par la FECOFA; Manque de suivi. En outre, il faudra préciser que le football féminin est dans sa phase expérimentale, les athlètes ne sont pas vraiment sécurisées comme chez les hommes. Heureusement FIFA Connect est venu résoudre un peu le problème. Cette question devrait être posée à nos dirigeants. Peut-être que les dispositions y relatives n'étaient pas encore mises en disposition. Un problème d'ordre administratif et financier. En RDC, beaucoup de joueuses ne sont pas sous contrat alors qu'elles ont des familles qu'elles nourrissent. Ainsi, lorsqu'une occasion se présente elles n’hésitent pas d'y aller. Problème Administratif parce que, ceux qui sont là, ne sont pas enregistrés sur FIFA CONNECT donc, difficile de les retrancher. Henoch a souligné que pour l’instant, cette situation est déjà en train d'être normalisée. On pouvait juste se demander si on pouvait espérer une réparation contre ces équipes qui bénéficient de ces joueuses au préjudice des équipes kinoises ? D’un son de cloche à un autre, la secrétaire provinciale de la Commission provinciale de football de Kinshasa (CPFF-Kin), Agnès Rubenga, cette situation est connue officiellement par la hiérarchie (FECOFA et la Ligue nationale de football féminin). Cette dame a précisé que plusieurs clubs de la RDC l'ont dénoncé. ‘‘Moi-même, j'étais avec le SG de la FECOFA pour lui en parler et lui ai déposé les copies des lettres écrites par nos Sociétaires quant à ce’’.

Sans aller par quatre chemins, Laurène Lusilawu a souligné que le FCF Amani a non seulement bousculé la hiérarchie du football congolais, mais il a aussi valorisé les footballeuses congolaises. C’est depuis 2006 que cette joueuse prend part aux différents championnats du football, mais elle reconnaît les efforts consentis par les dirigeants d’Amani. Cette talentueuse joueuse a fait savoir qu’elle a parcouru plusieurs clubs du pays, voire même ceux de la République du Congo, mais c’est avec Amani qu’elle a pu retrouver le sourire, après plusieurs années.

À en croire, Laurène Lusilawu, jadis, c’était difficile de bénéficier d’un contrat d’engagement avec un club, mais cela a été rendu possible par les dirigeants du FCF Amani.

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