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GESTION DE LA CHARGE DE TRAVAIL DU JOUEUR : L’AMÉLIORATION S’IMPOSE !

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Le football international pourrait adopter des pratiques similaires et améliorer la façon dont il gère la charge de travail des joueurs (Photo FIFPRO)‎

Les sports d'équipe les plus populaires dans le monde entier offrent aux joueurs une protection contre une charge de travail excessive en incluant les garanties nécessaires dans les conventions collectives qui couvrent l'ensemble de la ligue. 

Selon le docteur Darren Burgess, des syndicats de joueurs puissants et influents négocient généralement ces accords, lesquels sont ensuite repris de manière standard dans les contrats des joueurs. Les clubs doivent ensuite adhérer aux garanties négociées. Ce docteur pense que le football international pourrait adopter des pratiques similaires et améliorer la façon dont il gère la charge de travail des joueurs. Aux États-Unis, la National Football League (NFL) fonctionne avec des contrats standardisés à l'échelle de la ligue. Elle exige également que les clubs emploient du personnel formé et qualifié au sein de leurs équipes de performances et de médecine sportive.

La NFL applique des protocoles pré-saison stricts qui limitent la durée de cette période, de la période hors-saison et de l'entraînement quotidien. Ces protocoles s'adaptent au fil du temps, à mesure que les joueurs progressent dans leur carrière en NFL. Le football international bénéficierait de tels protocoles. Il pourrait notamment prévoir l'adoption d'une période de pré-saison obligatoire ou d'une pause, qui tiendrait compte non seulement des engagements des joueurs dans les compétitions précédentes et à venir, mais aussi de leur participation à des tournois hors saison, tels que les Coupes du monde, les Euros ou les Coupes d'Asie, et même de la durée de leur carrière jusqu'à présent. J'ai vu pour la première fois en 2010 à quel point un tel système serait précieux.

Après avoir remporté la Coupe du monde de la FIFA cette année-là, les joueurs espagnols réintégrant l'équipe première de Liverpool ont disputé un match de Premier League quatre semaines exactement après la finale de la Coupe du monde. Certains n'ont eu que deux semaines et demie de pause après le jour de la finale, et ont encore participé à des rendez-vous officiels avec leur équipe nationale pendant cette période. Tous les contrôles que nous avons effectués au cours des quatre premiers mois de la saison ont indiqué que ces joueurs s'entraînaient et jouaient dans un état de fatigue. Fernando Torres était l'un des deux joueurs de Liverpool présents dans l'équipe d'Espagne victorieuse de la Coupe du Monde de la FIFA 2010. Dans l'Australian Football League (AFL), le syndicat des joueurs (AFLPA) a négocié deux jours de repos obligatoires par semaine de pré-saison et un jour par semaine pendant la saison elle-même. En outre, une plage de quatre heures à l'extérieur du club encourage les joueurs à terminer leurs études ou à développer des compétences professionnelles.

Les joueurs de l'AFL bénéficient de réductions sur les cours universitaires et autres, et les outils éducatifs tels que les ordinateurs portables sont subventionnés, ce qui encourage les joueurs à poursuivre des activités en dehors du football. Des périodes comme celles-ci, pendant la saison de compétition, obligent les clubs à tenir compte des besoins des joueurs et à veiller à ce qu'ils bénéficient d'une bonne récupération après les matches et les entraînements. Sans ces périodes de repos ou d'éducation obligatoires, les footballeurs internationaux risquent de se fatiguer mentalement et physiquement, d'autant que leur programme d'entraînement et de matches ne fait que s'alourdir.

La National Basketball Association (NBA) impose un jour de repos obligatoire à tous les joueurs qui se sont rendus à l'étranger pour des matches de pré-saison. Elle limite également le nombre de matches d'exhibition d'avant-saison (six au maximum) et leur lieu (les joueurs ne peuvent pas voyager en dehors de l'Amérique du Nord pendant plusieurs saisons consécutives).

La NBA garantit également un nombre minimum de jours de repos tout au long de sa saison exigeante de 82 matches. Les clubs doivent donc planifier soigneusement leurs tournois d'avant-saison, leurs déplacements sur de longues distances et leurs matches d'exhibition, en trouvant un équilibre entre la récupération des joueurs et les intérêts commerciaux du club. Le football international, de par sa nature, oblige les joueurs à parcourir fréquemment de grandes distances. Or, aujourd'hui, nous n'y retrouvons aucune des directives et des garanties que nous connaissons dans les sports nord-américains. Les joueurs se produisent à la merci de leurs clubs et des fédérations internationales ; rien ne leur garantit que leur employeur sera attentif et saura se montrer prudent face à leur charge de travail, même quand ils se déplacent pour se rendre à des rencontres internationales et en revenir.

Entre septembre et novembre 2018, un joueur d'Arsenal FC n'a bénéficié que de trois jours de repos en trois mois : il s'est produit en Europa League, en Premier League, dans les compétitions de coupe nationales et lors de plusieurs rencontres internationales. Le joueur a été blessé immédiatement après cette période et a lutté pendant des mois pour retrouver sa place dans l'équipe première. Ce n'est guère surprenant.

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